Le 4 avril dernier, le Prix Bellecour 2005 a été remis officiellement à nos collaborateurs Daniel Cabart et Claude Rouxel pour leur livre Delage la belle voiture française, paru chez ETAI. Nous avons déjà eu l’occasion de dire combien nous adhérions à ce choix. Nous n’y reviendrons donc pas ici et nous voudrions plutôt profiter de cette occasion pour évoquer le rôle et le fonctionnement de l’Académie Bellecour. Paradoxalement, alors que l’on nous annonce quotidiennement la fin de notre civilisation de l’écrit, au profit de celle de l’audiovisuel et du « net «, il n’y a jamais eu autant de livres publiés par les éditeurs. Faut-il s’en réjouir ? Oui et non…
Oui, car cela démontre que les tristes prophéties des augures ne se réalisent pas vraiment ; non, car au milieu de ce foisonnement de titres il n’est pas facile pour l’amateur de reconnaître le bon et le moins bon. C’est notre rôle à nous, la presse, de l’éclairer par les recensions que nous faisons des différents ouvrages qu’il trouve chez son libraire. Mais hélas, ne nous faisons pas trop d’illusions, une fois la critique publiée, les livres retombent dans l’oubli et il n’y a plus guère que le bouche à oreille qui puisse faire leur succès.
Heureusement, les Prix littéraires sont là pour remédier à cet état de fait et mettre sous les feux de la rampe les œuvres qui sortent du lot. La chose est vraie pour la littérature en général, elle l’est également dans notre domaine de l’histoire de l’automobile.
Aussi, le Prix Bellecour, que l’on qualifie souvent de « Goncourt de l’automobile », est-il une distinction très convoitée des auteurs et des éditeurs. Il fait référence, et à juste titre, car si l’on examine la liste des vingt ouvrages distingués par l’Académie Bellecour depuis sa création, on peut affirmer qu’elle n’a couronné que des livres dignes d’être mis en avant. Il faut dire que cette assemblée est composée de fins connaisseurs dont la vaste culture automobile est reconnue de tous. Les amateurs leur font confiance : ainsi, malgré un prix relativement élevé bien que justifié par sa qualité, leur choix de l’année, le livre Delage la belle voiture française a-t-il constitué la meilleure vente de l’éditeur sur son stand de Rétromobile en février dernier.
L’Académie Bellecour se réunit tous les ans dans un restaurant de la place Bellecour à Lyon (d’où son nom), chacun de ses membres donne un avis motivé sur les cinq ou six titres qui ont été préalablement sélectionnés et, à l’issue de débats parfois animés, un vote désigne le lauréat (s’il y a lieu… car certaines années il a été décidé qu’aucun ouvrage ne méritait le Prix).
Le jury a à cœur de mettre en valeur les vrais livres d’histoire, ceux qui feront référence dans leur domaine. La qualité est le maître-mot dans tous ses critères de choix, qui sont, d’une part, l’intérêt du sujet et la rigueur historique, d’autre part, la qualité de la documentation, des illustrations, de la présentation, de l’information et du style. « Certains ouvrages sont écrits à la va-vite et c’est un pensum d’avoir à les lire, même s’ils traitent d’un sujet intéressant en soi ; en fait ils desservent la cause qu’ils veulent défendre », nous disait l’un des membres de l’Académie.
En ce qui concerne le livre Delage la belle voiture française, le jury a retenu notamment le caractère exhaustif de l’ouvrage, qui « comble un manque », son « style agréable », qui le rend « facile à lire », ses nombreuses photos, «inédites et d’excellente qualité», et le fait qu’il offre aux lecteurs, « spécialistes ou non, un visage humain de la machine automobile » avec « le portrait des hommes qui ont construit ou participé à l’aventure Delage », sans oublier « la mise en page variée et moderne ».
Finalement, l’objectif de l’Académie Bellecour est de mieux faire connaître la vraie histoire de l’automobile avec un souci de qualité, de rigueur et d’authenticité. Ne s’agit-il pas là du but que, depuis maintenant dix ans, nous poursuivons nous aussi à Automobilia ?
La rédaction
Retour